ohn McCain estime qu’il a l’expérience nécessaire pour mettre fin aux querelles partisanes à Washington et apporter des changements concrets.

John McCain n’est pas l’orateur qu’est Barack Obama.

Mais jeudi soir, le sénateur de l’Arizona s’est livré à un exercice rhétorique et politique de corde raide, afin de convaincre les millions d’Américains qui regardent la convention républicaine à la télévision de voter pour lui, lors du scrutin présidentiel dont les résultats seront connus dans exactement deux mois, jour pour jour.

John McCain a accepté l’investiture du parti républicain de George Bush sans mentionner plus d’une fois le locataire actuel de la Maison Blanche et il a revendiqué la bannière du changement que brandit son rival démocrate de 25 ans son cadet.

''Je vais apporter le changement '', a affirmé jeudi soir John McCain, en lançant un “avertissement” à ce qu’il a appelé “le vieux clan de Washington qui dépense beaucoup, ne fait rien, se place en premier, et le pays seulement en deuxième position”.

John McCain est plus modéré que la base de son parti et il a son franc-parler, ce qui l’a souvent mis à mal avec les milieux politiques dans la capitale américaine, qu’ils soient républicains ou démocrates.

Jeudi soir, il s’est présenté comme un populiste qui veut reformer la politique et le gouvernement, comme un homme qui transcende les partis.

Promesses

“Je mettrai fin aux querelles partisanes”, a-t-il promis.

“Je tendrai la main à tous ceux qui voudront m’aider à faire redémarrer ce pays”, a-t-il expliqué.

Mais Barack Obama prône aussi le changement, et sur ce terrain, le jeune sénateur noir à l’avantage de n’être arrivé à Washington que depuis deux ans, comparé aux vingt-cinq ans que John McCain a passés jusqu’a présent à la Chambre et au Senat.

John McCain a tenté de retourner l’avantage, en indiquant qu’il a l’expérience nécessaire pour pouvoir tenir ses promesses et obtenir des changements concrets.

“J’ai l’expérience et les cicatrices qui le prouvent, ce n’est pas le cas du sénateur Obama”, a en effet déclaré le candidat républicain.

John McCain est bien conscient que la conjoncture est très favorable à une victoire de Barack Obama, en raison de la crise économique, de l’impopularité de George Bush et de la guerre en Irak.

Cela lui a été rappelé par l’intrusion de trois manifestants anti-guerre qui ont perturbé son discours.

Mais cet ancien militaire qui a survécu à cinq années passées, parfois sous la torture, dans un camp de prisonniers au Vietnam, ne s’avoue jamais vaincu.